FESTIVAL D’AVIGNON OFF: LE PROPHETE

Le Théâtre Le Verbe Fou propose en coproduction avec le Théâtre Partage « Le Prophète » de Khalil Gibran. C’est la 1ère fois en Avignon que les comédiens Coraldine Zaïna et Francescu Rafaelli l’interprètent.

J’apprécie particulièrement le texte de ce roman initiatique. Francescu Rafaelli est comédien mais aussi hommes de lettres si on en croit les différents spectacles qu’ils créent dont Les Confessions de St Augustins dans leur intégralité ! il a souhaité traduire et adapter lui-même le roman avec le parti pris de l’amour, un argument de mise en scène qu’il a trouvé au fil des mots de Khalil Gibran : « L’amour est le fil qui a tissé tous mes écrits ».

Le texte ainsi adapté concentre le sens de l’œuvre, les principales pensées philosophiques, au sein d’une relation amoureuse, deux êtres passionnés en quête d’élévation.

Le résultat est une pièce très rythmée avec comme une urgence de comprendre les grands principes qui sous-tendent le monde et lient les êtres humains. Coraldine en allumant quelques bougies en introduisant la pièce par une gestuelle qui pourrait s’apparenter à des temps immémoriaux pose un cadre épuré où l’essentiel devient suffisamment dense pour prendre sa place. Lorsque le plateau s’éclaire, la scène devient encombrée par des trouvailles scéniques trop illustratives qui n’amènent pas le texte mais sont amenées par lui, comme cette toile de fond avec le soleil et la lune, ces grands foulards chatoyants qui encombrent également les silhouettes des acteurs. Mes impressions sont partagées, le texte est respecté, entendu, mis en avant mais les partis pris scéniques sont inégaux.

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Coraldine Zaïna a une très belle présence sur scène et incarne véritablement le texte, ce côté presque mystique du roman et l’essence de l’être. Coraldine qui est à la base une danseuse et enseigne cette discipline à Marseille, a une très belle maîtrise du texte, son aisance corporelle sert le souffle et le théâtre, une actrice à suivre… Les chorégraphies sont comprimées par l’encombrement de la scène et gagneraient à aller vers plus de tribalité. Francescu Rafaellil fait la prouesse de dire tout le texte, les tirades sont denses et s’enchaînent vite toutefois l’incarnation est moins puissante que celle de sa partenaire. Il est souvent en posture de prédicateur voir même presque de récitant alors que lorsqu’il se trouve pris dans une posture de conversation il peut y avoir des éclats de justesse qui correspondent plus à l’humilité du prophète par Khalil Gibran et laisseraient présager qu’un décalage des postures serait plus percutant.

« Le Prophète » de Khalil Gibran

Théâtre Le Verbe Fou

10h45

Compagnie du Théâtre du Partage

Dans le programme du OFF:
p44
http://www.avignonleoff.com/programme/2018/prophete-de-khalil-gibran-le-s23861/

Pour en savoir plus : 
https://www.leverbefou.fr/
https://theatredupartage.com/


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