Bonne année 2019… ou pas !

Les vœux de bonne année ou encore bon bout d’an en Provence sont un passage obligé en ce moment, l’occasion de se réjouir de partir sur de nouvelles bases. Ils fleurissent et prolifèrent sur Facebook, Instagram, dans vos mails sur les sites web sur vos messageries de téléphone et plus rarement dans vos boites aux lettres… eh oui le courrier existe encore et pas seulement pour les factures ou les papiers administratifs…

Ces premiers jours de l’année sont ainsi l’occasion de compter les amis, qui a pensé à moi ? De renouer des liens familiaux ou de constater le fil ténu qui nous réunit… ou encore de créer des opportunités professionnelles !

Alors quoi on fait table rase du passé ? on se crée une belle page blanche ? un nouvel élan ? une belle utopie pour se donner du courage ou alors de l’enthousiasme à revendre un peu comme le smoothie boost de l’année ?

Après tout, cela ne peut pas faire de mal de souhaiter la réussite, l’amour, la santé, de beaux projets, la joie et de bonnes tranches de rigolades…

J’avais moi-même préparé un petit texte dont j’étais fière ça commençait comme ça :

 Plutôt engageant, et corporate et pouvant introduire n’importe quelle offre commerciale. J’ai même créé une page sur mon site web pour ça !

Oui mais ça m’est apparu complètement factice, superficiel, dérisoire. Même si ces vœux engagent la personne à saisir sa chance et non à l’attendre, à devenir acteur et non spectateur de sa vie, il n’en demeure pas moins que la vie c’est à la fois un peu plus compliqué et un peu plus intense que cela.

Souhaiter le meilleur à quelqu’un qui a connu le pire, c’est parler d’un éléphant rose à un aveugle. Souhaiter le meilleur à quelqu’un qui se pensait déjà heureux c’est créer un espace de frustration, de recherche de plus. Souhaiter à quelqu’un d’être meilleur, c’est encourager une remise en cause perpétuelle et s’éloigner de l’acceptation de soi. Souhaiter d’atteindre des objectifs professionnels, c’est augmenter la pression sur la réussite et la performance. Souhaiter la paix c’est nier la nécessité ou l’existence de tourments. Souhaiter la performance à quelqu’un qui serait essoufflé ou le repos à quelqu’un de pressé c’est un peu se f….. de lui, non ?

Alors quelle est l’alternative ? Les coachs proposent de faire le tri, de laisser à 2018 ce qui encombre, ce qui fait mal, ce qui ralentit, empêche pour se concentrer sur des éléments plus porteurs. D’autres vont proposer des agendas, des guidelines pour ne surtout rien oublier, structurer son approche ou peut être ses angoisses, pour avancer. Mais le fait est qu’il serait illusoire de penser que l’on peut ou souhaite laisser tout désagrément, douleur, ralentissement derrière soi au creux d’une bonne résolution tout comme il serait utopique de penser qu’on peut tout contrôler grâce à une app, un google agenda ou encore un journal intime ou bullet point très en vogue.

Parce que soyons honnêtes une douleur infinie parfois nous construit autant que le plus ténu des espoirs. Et tout chagrin serait-il aussi superficiel qu’un accessoire de mode interchangeable ? (et même dans ce cas la mode est un vaste débat !) Enfin concrètement s’il suffisait d’écrire, de planifier une stratégie, une bonne résolution, pour s’y tenir; toutes les carrières et développements entrepreneuriaux seraient extrêmement prévisibles, et universels, et les être humains très uniformes, non ?

Nous ne pouvons pas tout contrôler n’est-ce pas ? Alors quoi, on confie au destin, à une religion, à une tradition le soin de faire au mieux pour soi ou pour ses proches parce que finalement c’est moins responsabilisant ?

Et si cette année au lieu de souhaiter une bonne année à nos proches on la passait vraiment avec eux ? Je veux dire In Real Life et non en suivant leur fil facebook ? Et si au lieu de souhaiter de bonnes tranches de rigolades on se faisait vraiment des bons moments de partage et de joie. Et si au lieu de souhaiter la santé on prenait vraiment soin des autres et de soi ?

Et si on se déculpabilisait ? Après tout si on a besoin d’une bonne déprime pour commencer l’année… ou s’il y a des habitudes qu’on n’est pas prêts ou qu’on n’a tout simplement pas envie de lâcher… Si on a envie de ranger le politiquement correct dans le tiroir bien caché des chaussettes perdues, si on a envie de rigoler et que la réussite ce n’est pas notre priorité, pourquoi pas ? Pourquoi ne pas respecter son rythme, sa tristesse et sa joie ? Et si au lieu de sortir perpétuellement de sa zone de confort, de vouloir plus et mieux, de surconsommer à outrance zénitude, introspection mais aussi valeurs, idéaux et bien périssables on se créait notre véritable zone de confort en tant qu’individu, société, groupe ?

Professionnels, amis, famille et particuliers…

au lieu de formuler des vœux et de créer des offres à tout va ?

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