FESTIVAL D’AVIGNON OFF : Kuhaku

« Kuhaku » est une perle rafraichissante, un moment précieux au milieu de la frénésie du festival ! C’est un mot polysémique japonais formé de deux idéogrammes signifiant ciel et blanc qui peut désigner la page blanche, le vide.

L’œuvre d’un duo

A la mise en scène, la musique, deux artistes ayant à la fois fait le conservatoire et les « beaux-arts ». Rie Takagi, peintre et musicienne, est née à Fukushima au Japon. Elle a étudié à La Yamaha Music Institution et à l’Université des Arts de Tokyo. Jean-Daniel Stampfli, peintre et musicien, a étudié au conservatoire et à l’école d’art de La Chaux-de-Fonds. Ils travaillent ensemble depuis 2012(concerts et expositions). Leur duo « T’O » se caractérise par la volonté d’utiliser et de mélanger autant la dimension sonore que les éléments picturaux.

Sur scène

Dans un espace confiné par les dimensions du théâtre Le Castelet, 2 synthés, de multiples instruments du monde et des objets de la boite métalliques aux cigales provençales. Au fond un fil où sont suspendus des supports à calligraphier à mi chemin entre le papier et le tissu.  Une petite table, des pinceaux, des bowls …

Calligraphier l’instant créatif

C’est un peu comme si vous rentriez dans l’intimité des artistes que vous étiez invités dans leur salon pendant un moment de création. Les moments s’enchaînent sans logique narrative, presque surréaliste, multilingue japonais, anglais, français. Des influences très hétéroclites s’entremêlent comme si cela allait de soi : Japon, Jazz, folklore, incantations. La voix de Rie Takagi et sa sensibilité sont à la fois d’une finesse, d’une technicité et d’une flexibilité impressionnantes qui lui permettent de passer du jazz au lyrique jusqu’à des incantations chamaniques. Il y a la musique mais également le geste, des calligraphies réalisées en directes et posées à des endroits clés, matérialisant l’instant créatif par excellence, un peu comme des éléments d’un rituel.

Le duo souhaite proposer un espace au spectateur afin que celui-ci le remplisse avec son son propre ressenti, son propre imaginaire…

J’ai été prise par la sérénité et la richesse du moment qui par contre à mon sens ne permet pas à l’audience de développer son imaginaire tant la curiosité est stimulée par de multiples éléments. Toutefois ce spectacle ne pas fait un seul instant penser à une page blanche mais plutôt  s’il fallait le rapprocher d’un concept japonisant au wabi-sabi, une esthétique de la singularité et l’éloge de l’humilité.

J’ai beaucoup aimé ce moment créatif hors du temps, je vous recommande cette expérience, ce ressenti, car on en sort changé forcément. En plus cela dope la capacité d’émerveillement ! 😉

Kuhaku
Du 6 au 29 juillet
20h15
Théâtre le Castelet

Dans le programme :
P 139
http://www.avignonleoff.com/programme/2018/kuhaku-s23203/

Pour en savoir plus :
https://tosphere.weebly.com/kuhaku-3135430333.html

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