FESTIVAL AVIGNON OFF : MEET ME HALFWAY

Le Théâtre Golovine est connu en Avignon pour sa programmation éclectique de danse contemporaine à l’instar des Hivernales.

Je suis allée voir Meet me Halfway une création 2017 de la compagnie franco-suisse Beaver Dam par le chorégraphe Edouard Hue. Trois danseurs : Félix Héaulme, Edouard Hue et Erin O’Reilly évoluent sur un plateau vide de la pénombre à la lumière. Le caractère épuré de la chorégraphie est ainsi posé dès le début du spectacle.

copyright Zoei Dumont

Les danseurs entrent en scène petit à petit, un par un, dans une temporalité lente à l’excès. Cette décélération exacerbe chacun des mouvements de la chorégraphie qui prend ainsi un caractère physique très impressionnant. Décomposition/ recomposition du corps et de ces mouvements les plus instinctifs, la chorégraphie se fait la rencontre de l’autre en tant qu’identité corporelle propre /entité pleinement distincte.  L’approche de la différence est ainsi mise en scène jusqu’au point de rencontre où les langages corporels s’ajustent pour dialoguer tout en gardant leurs caractéristiques respectives. Le chœur de la chorégraphie est un pas de deux, parade d’amour puis/et/ou de désamour qui n’est pas sans faire penser aux parades animalières du fauve à l’oiseau, des plus simples au plus sophistiquées. Le danseur arrive sur l’espace scénique ramassé sur lui-même, de manière sphérique et évolue lentement se dépliant comme un fœtus balloté dans son placenta pour naître être expressif non de l’humanité ou de l’animalité mais de l’instinct comme si la visée d’ Edouard Hue était d’exprimer le primitif de chaque être, de le valoriser en le mettant sur le devant de la scène et d’en faire une passerelle de réunion permettant d’interagir quelle que soit son identité ou tout ce qui s’additionne au primitif : civilisation….

copyright Zoei Dumont

La décélération permet d’embarquer le spectateur dans un espace-temps hors du monde terrestre un peu à l’image d’un spectre aquatique où le mouvement est impacté ralenti ou accéléré, où les sons sont étouffés. La lenteur crée le suspens sans entrainer une attitude passive ou contemplative. Le spectateur suspend son souffle à chaque mouvement des danseurs, entrainé dans la transe chorégraphique, solidaire de leur performance physique.

C’est pour moi un coup de cœur chorégraphique, un moment de danse précieux, évident, suspendu.

Prochaine date :

27 aout, Meet Me Halfway, New Dance For Asia, Seoul, Corée du Sud

Pour plus d’informations :

www.beaverdamco.com

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