Le Comptoir des Glaces

Nouveau venu rue de l’Horloge, dans le centre historique de Salon de Provence, Le Comptoir des Glaces a été inauguré fin mai. Au programme des glaces artisanales, des glaces au yaourt et des crêpes sucrées. La petite échoppe à la terrasse improvisée et ensoleillée mise sur des produits frais et de qualité des œufs jusqu’aux fruits.

Des simples boules de glaces, des grandes coupes inventives, des milkshakes,des smoothies la carte ne manque pas de choix.

J’ai testé le milkshake vanille, la vanille c’est ma glace star, le parfum que je teste systématiquement. Le milkshake était bien parfumé, le goût de la vanille prononcé tout en restant subtil, la crème glacée était gourmande sans être trop lourde. La cerise sur le gâteau: la chantilly pas trop sucrée, faite maison, ferme et ayant le vrai goût de crème.

Sensation glacée estivale assurée !

IMG_3592Pour plus d’infos :

Le Comptoir des Glaces

41 rue de l’Horloge

13300 Salon-de -Provence

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Tour des Glaciers / Ice Cream Makers'Tour

Cette année je vais tester pour vous différents glaciers

car quoi de plus agréable que de trouver la meilleure glace de votre été ?

Une seule restriction : la glace artisanale !

A vos cuillères, aiguisez vos papilles, en Provence il fait déjà 30°C, la glace est d’actualité !

Commentez en partageant vos expériences glacées !

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This year I’m gonna test for you different ice cream makers.

Indeed instn’it wonderful to find the best ice cream of your summer ?

Unique restriction : handmade ice cream only !

So be ready, get your spoons, excite your taste buds, in Provence it’s already 30°C, time for Ice Cream !

Comment, sharing your frosen experiences !

Déco vue du Côté Sud de la force…

Voici un petit reportage vous livrant ma sélection d’envies, d’ambiance déco au fil des déambulations en fin de journée au salon Vivre Côté Sud au parc Jourdan d’Aix en Provence. De quoi se ressourcer de couleurs, de matières, de voyages et d’optimisme en ce début de semaine.

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Baobab : mobilier, accessoires, prêt à porter – invitation au voyage

 

IMG_7234Baobab : mobilier, accessoires, prêt à porter – invitation au voyage

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IMG_7240Labo Life Store

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IMG_7247Cink : Objets, mobilier d’intérieur, conseils déco

 

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IMG_7249Boutik / Fondation Blachère : une vitrine pour le design et l’artisanat africains

 

IMG_7255La Maison Pernoise – Concept Store

 

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IMG_7260727 Sailbags

 

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IMG_7268New Work Style – Jeune Talent Provence – Création artisanale d’objets et de mobilier

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IMG_7271Sylvie Lorne – poterie

 

IMG_7272Déambulons : création originale et française de mobilier en bambou

IMG_7276Au temps Gourmand : Artisan Créateur de saveurs à cuisiner

 

IMG_7278Mustapha Blaoui : artisanat marocain haut de gamme

 

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IMG_7282Week & Chic : bazar chic pour décoration d’intérieur

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IMG_7286The French Brocante – Vente en ligne de meubles et objets chinés

IMG_7288Atelier W110 – atelier de conception de scénographie, mobilier et atelier graphique

 

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IMG_7290Myriam Aït Amar Ceramics

IMG_7291Myriam Aït Amar Ceramics

IMG_7293Atomic Store – Décoration, accessoires, luminaires

 

IMG_7296Marseille en Vacances – TShirt concept store mobile

IMG_7295Marseille en Vacances – TShirt concept store mobile

IMG_7298Bali Towel- draps de plage et de bain

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MONA HATOUM au Centre Pompidou

Le Centre Pompidou présente en ce moment et jusqu’à fin septembre la plus grande rétrospective de l’artiste Mona Hatoum après avoir organisé en 1994 sa première exposition muséale. Une jolie connivence entre les deux femmes (Christine Van Assche est pour la 2nde fois la commissaire d’exposition) ?! Une centaine d’œuvres est exposée depuis les mythiques performances des années 80 jusqu’à des installations inédites.

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Née au Liban, d’origine palestinienne, ayant étudié dans des établissements scolaires français, italien, américain puis ayant émigré à Londres pendant la guerre du Liban, Mona Hatoum se nourrit du monde pour accoucher d’une création contemporaine multiformes : installations, vidéos, sculptures…

De nombreuses références artistiques peuvent être citées comme le surréalisme, Joseph Soto tout comme des engagements politiques du féminisme à la Palestine, cependant je vous propose de vous intéresser à ce que l’art donne à voir. Au lieu d’analyser chaque œuvre, d’en chercher le sens exact prédéfini dans une perspective théorique d’histoire de l’art, d’en trouver la juste interprétation, prêtons nous au jeu de l’artiste. Baladez-vous dans l’exposition en vous confrontant directement aux œuvres sans autres filtres que ceux de votre perception et de votre histoire personnelle.

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La première approche est sensible au sens de physique, c’est une exposition où l’on aimerait toucher à tout, de nombreuses œuvres sont censées évoluer en fonction du passage des visiteurs cependant de nombreux barrages de sécurité sont mis en place et les surveillants sont plutôt nerveux voire hyper réactifs. A vous de voir si vous faites des contraintes muséographiques du Centre Pompidou un contresens, une nouvelle mise en perspective ou un trait d’humour : les œuvres sont là pour vous mais elles vous sont mises à distance sous le couvercle omniprésent d’une extrême prudence…une tendance très répandue à l’heure actuelle dans de multiples domaines… Une œuvre peut être tranchante, précieuse, fragile, sombre ou immaculée, constituée de matériaux liés à l’intime : cheveux, rognures d’ongles ; au quotidien : objets de cuisine, cartes géographiques, tissus, tapis… L’artiste fait donc appel dans un second temps à votre histoire, votre reconnaissance ou non de ces objets et entre dans votre référentiel intime.

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Une fois cette étape franchie vous pourrez être stimulé de manière esthétique face à la beauté de l’objet, de broderies et de tissage, les créations sont toutes en finesse. Vous pouvez également être choqué par le fait d’être en territoire inconnu : une intimité corporelle qui n’est pas la vôtre ou par la violence d’une œuvre de fils barbelés ou encore décontenancé par le détournement de l’objet : une râpe à légumes qui pourrait râper des êtres humains vu son échelle. Votre espace et vos référents sont bousculés.

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A chaque œuvre vous vous enrichissez d’une nouvelle perspective sur votre présence en ce monde dans ses dimensions physique, émotionnelle et politique. Mona Hatoum vous propose d’ébranler vos convictions et d’ouvrir votre regard sans jamais vous imposer une grille de lecture. Votre liberté d’agir, de vous mouvoir et de regarder peut alors révéler une immensité de possibilités ou votre prison selon ce que vous vous autorisez à en faire. Vous ressortirez de cette exposition en questionnant votre engagement au monde aussi bien corporel que politique, un cadeau surprenant, précieux, utile.

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Voici quelques photos pour tous les internautes qui n’auraient pas la possibilité de visiter l’exposition.

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Pour plus d’information :

Mona Hatoum

24 juin 2015 – 28 septembre 2015

de 11h00 à 21h00

Galerie 1 – Centre Pompidou, Paris

https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cMbapqd/rLbapLy

FESTIVAL AVIGNON OFF : Orlando le trio, Chansons surnaturelles

Orlando est un trio charmeur et surprenant du nom du roman de Virginia Woolf où le héros change de sexe au milieu du roman. A la façon d’un cabaret chaque artiste incarne un personnage, en joue puis change presque d’identité. Ils échangent les micros, les instruments, refusent la notion de genre qu’il s’agisse d’un genre sexué ou d’une étiquette artistique. Ils jonglent avec dextérité entre disco, flamenco, ballade… d’où le terme de chansons surnaturelles. Tous sont chanteurs, auteurs et compositeurs et forment par leur complicité une charmeuse créature à trois têtes : Christelle Boizanté, Frédéric Marchand, Aïda Sanchez. Sur fond d’humour et de fantaisie ils abordent avec liberté et loufoquerie les thèmes les plus sérieux tels que la mort, les énergies nucléaires, les parents, les représentations esthétiques… Le public est conquis, participe, jusqu’à chanter en cœur avec les artistes que la mort est un luxe. Pour comprendre comment on en arrive là il vous faudra sans doute assister à une représentation 😉

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Chaque chanson est un bijou de musicalité, de douceur, d’espièglerie. Il y a beaucoup de finesse dans chaque interprétation, de très belles voix et les chansons sont très bien écrites.

C’est un spectacle à voir et un groupe à suivre ! Il fait croire en la fantaisie, la gravité, la musique et la chanson française. Peut être stimulera t’il votre créativité ?

Ce spectacle est programmé dans le cadre de l’opération « Talents Adami On Y Chante ? »  organisée par l’Association artistique de l’Adami.

 

Pour plus d’informations :

Orlando le Trio – Chansons surnaturelles

Festival Avignon Off

19h30 – 1h06

Théâtre l’Arrache Cœur

13 rue du 58ème R.I Porte Limbert

84000 Avignon

p 48 du programme

http://orlandoletrio.com/

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FESTIVAL AVIGNON OFF : Et les poissons partirent combattre les hommes

Actes de résistance contre la mort #1

Pièce de théâtre contemporaine engagée, « Et les poissons partirent combattre les hommes », interpelle les spectateurs sur les corps naufragés qui s’échouent toujours plus nombreux sur les plages d’Espagne.

La compagnie Maskantête a choisi de mettre en scène le magnifique texte d’Angelica Liddel « Y los peses salieron a combatir contra los hombres » traduit par Christilla Vasserot. Le texte est vif, incisif, interpelle Monsieur la pute et tout un chacun assis confortablement, sur sa façon, notre façon d’appréhender les grands phénomènes d’actualité, comment les morts deviennent un « problème », comment les disparus s’enfoncent dans l’oubli, comment le douloureux et l’horreur sont aseptisés par les médias, comment les touristes de la côte espagnole (entre autres) pour ne pas voir les cadavres peuvent tout simplement partir à la montagne.

L’écriture est magistrale, rythmée, chaque mot pèse lourd. Elle joue sur le sarcasme et le second degré pour que le spectateur ne vomisse pas l’horreur du sujet en rendant l’écoute possible.

C’est une pièce pour deux comédiens et un musicien. Des percussions précises et recherchées jouent un rôle à part entière dans cette pièce permettant le souffle, l’oppression, faisant résonner les gestes et les paroles, donnant le poids nécessaire avec finesse à chaque mot, chaque action théâtrale. Les comédiens se livrent physiquement sans ménager leurs efforts. En pantalon de combat, ils sont sans cesse en mouvement avec une gestuelle entre la danse, la capoeira, la performance. Le texte est joué au plus juste, les voix sont fortes et vibrantes. Les acteurs vous prennent aux tripes. Le dispositif scénique repose sur d’immenses bâches de plastiques translucides, tantôt cocons, linceuls, vagues, costumes, évoluant tels des caméléons de l’intention.

Cette pièce est un bijou de précision, de résonance, d’engagement et de finesse. On n’en sort pas sans remise en question par rapport à notre position, notre responsabilité en tant qu’être humain de chair et d’âme face au monde et ce qui nous entoure. Et ce qui est appréciable et rare par rapport à ce type de création c’est que cette réflexion viendra de vous et vous seuls, on ne vous pointe pas du doigt, on ne joue pas sur la surenchère, le scandale le voyeurisme ou la moralisation.

J’aimerais donc adresser publiquement mes félicitations à toute la compagnie pour cette prouesse théâtrale de jeu, d’intention, d’horreur et de beauté. Et à tous les festivaliers, c’est une pièce à ne pas manquer !

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Pour plus d’informations :

Et les poissons partirent combattre les hommes

Festival d’Avignon 2015

Jusqu’au 26 juillet

18h25 – 50 min

Théâtre Alizé

15 rue du 58ème R.I

84000 Avignon

04 90 14 68 70

FESTIVAL AVIGNON OFF : Les Précieuses Ridicules laissent tomber Molière

La Compagnie C’est Magnifique propose cette année en Avignon une co écriture avec Molière, Les Précieuses Ridicules laissent tomber Molière. Le laissent-elles vraiment tomber ? Pas tout à fait, si la pièce est transposée avec malignité dans notre espace temps contemporain, prenant pour cible certains travers parisiens en appuyant de manière espiègle sur notre préciosité actuelle, elle fait encore la part belle à la langue de Molière qui côtoie notre langage parlé en bonne voisine. Un très bel hommage à un grand auteur qui donne envie de relire, redécouvrir la pièce d’origine.

Le pitch : deux adolescentes « bobos » souhaitent « partir en Afrique pour sauver les pauvres ». Papa Gorgibus leur présente un homme de passage, un soi-disant reporter de guerre que tout Paris s’arrache, commence alors le tourbillon théâtral mêlé d’éclats de rires et de problématiques actuelles.

C’est une pièce de théâtre en Avignon comme on les aime, inventive, turbulente et surprenante où le public est pris à parti et invité à participer activement au jeu de comédiens qui se donnent à fond ! A VOIR ABSOLUMENT !

Voici les avis de deux spectateurs ravis : Camille Madec et Sébastien Sthorez :

« Un spectacle frais et dynamique où la jeune troupe mêle judicieusement les tirades de Molière à un vocabulaire et une mise en scène très modernes.

On va de surprise en surprise comme des cascades, chants et pas de danse !

Un Molière revisité avec, à la clé, un bon moment pour tous! »

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Pour plus d’informations :

Les Précieuses Ridicules de Molière

Jusqu’au 26 juillet

A 17h55 durée 1h05

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Théâtre des Barriques

8 rue Ledru Rollin

84000 Avignon

p 78 dans le programme

FESTIVAL D’AVIGNON OFF : Danses japonaises : la grue, la grenouille, le corbeau

La Grue Blanche

La Grenouille

Le Corbeau

Egiku Hanayagi danse et chorégraphie tour à tour deux oiseaux : La grue puis le corbeau. Le premier est tout en finesse et en grâce, lent, majestueux et nostalgique tandis que le second apparaît vif et gai. La grue est amoureuse et tisse de ses propres plumes une étoffe pour un homme qui lui a rendu service, jusqu’au moment tragique où il ne lui reste plus rien. Le corbeau s’affaire, va de ci de là pendant toute une journée.

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Ayant appris la danse au Japon depuis l’âge de 2 ans, Egiku Hanayagi nous livre des chorégraphies contemplatives à la maitrise millimétrée. Chaque geste frise le perfectionnisme de précision et d’intention. Tantôt rapide ou tantôt lent l’oiseau se déploie avec un regard perçant et des mimiques du visage dont les expressions caractéristiques se rapprochent des masques. Le kimono de la grue est élégant et épuré tandis que celui du corbeau est coloré avec des motifs et couronné d’une coiffe à plumes majestueuse.

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Il s’agit de danses traditionnelles japonaises sur des bandes son également traditionnelles japonaises. Donc si vous êtes à coup sûr transportés au pays du soleil levant, attention à ne pas manquer le voyage à cause de cet aspect contemplatif et maitrisé qui peut paraître rigide, des aigus de la musique et de l’opacité possible des codes japonais dont la narrativité diffère de ceux européens.

Enfin entre ces deux chorégraphies, Fukiko Bando nous régale d’une grenouille très imagée, presque rigolote à la gestuelle anguleuse qui, grâce à une histoire de vengeance, échappe à un serpent. Cette performance crée une respiration entre les deux oiseaux, par la différence de style, d’animal et le changement de performer. On perçoit bien ce que chacun peut apporter en termes de forces d’incarnation et d’imaginaire.

Un spectacle à voir par curiosité que l’on soit un public averti ou non pour peu qu’on soit ouvert d’esprit, d’humeur contemplative, à même d’observer des animaux poétiques et d’apprécier l’esthétique japonaise.

Pour plus d’informations :

Egiku Hanayagi

Danses Japonaises

13h

Du 10 au 24 juillet

The Garage international

84000 Avignon

www.egikuhanayagi.com

FESTIVAL D’AVIGNON OFF : Cont’woman show – On fera quelque chose de toi…

« On fera quelque chose de toi… si les petits cochons ne te mangent pas » … les gros cochons plutôt !

Sara Jehane Hedef expose de manière retentissante, émouvante et humoristique l’écart entre la représentation de l’amour dans les contes de fées : quelle princesse êtes vous ? ; et l’amour tel qu’elle le perçoit aujourd’hui : des expectatives rêveuses à la triviale réalité de la drague en boite de nuit. Un one woman show intelligent avec la présence toute charismatique d’un lampadaire. Le spectacle est malin, fait sourire, émeut avec des souvenirs personnels. Ce one woman show n’est ni un procès ni une revendication féministe mais les tribulations d’une jeune femme représentative de la génération Y à la recherche d’un modèle féminin qu’on pourrait presque qualifier au final de DIYO.

Sara Jehane Hedef est à la fois à la scène et à l’écriture. Charismatique elle prend l’espace scénique et l’amène où elle veut de part un jeu espiègle et enjoué. Le texte est bien construit, l’humour manié avec finesse même sur des thèmes explicitement reliés à la sexualité. Une écriture maligne mais qui pêche encore un peu peut être par sa jeunesse, un peu plus incisive elle pourrait nous faire passer du sourire à l’éclat de rire.

Un spectacle plein de fraicheur donc, assez emblématique de l’esprit effervescent, créatif et plein de bonne humeur du festival d’Avignon.

Pour plus d’informations :

« On fera quelque chose de toi… si les petits cochons ne te mangent pas »

15h45

Interdit aux moins de 16 ans

La Petite Caserne

119 rue de la Carreterie

84000 Avignon

Durée 1h15

Tarif 14/12/9€

www.madamephenomene.com

Le Roi Lear- Olivier Py – Grandeur et Décadence

« Le Roi Lear » par Olivier Py est l’unique pièce de théâtre programmée à la Cour d’honneur du Palais des Papes par le président du festival d’Avignon (à savoir Olivier Py) pour cette édition 2015 du IN. Un joyau parmi les tragédies de Shakespeare, méritait certainement un cadre aussi grandiose que la Cour d’honneur du Palais des Papes, imposante par son architecture et son histoire.

C’est donc dans les meilleures dispositions que je suis allée assister à la représentation.

Cependant à vouloir monter très haut on peut aussi choir très bas et ce fut le cas. La hauteur de mes attentes n’a eu d’égal que la grandeur de ma déception.

L’espace scénique s’ouvre sur un grand plateau en bois avec un piano à queue en son centre entouré par des gribouillis noirs entre le tumulte et les arts de rue dessinant une arène d’une manière aussi affirmée que si cela avait été des barbelés. L’espace de la tragédie scéniquement modulable est placé laissant présager des partis pris tranchés. Le fabuleux décor que crée le Palais des Papes n’est utilisé que dans le cadre de ses dimensions gigantesques. Avec le programme en salle une liste des musiques du spectacle est distribuée ajoutant à une première et fausse intuition que la musique occuperait une place prépondérante dans le déroulé de la pièce. De fait le piano est vite écarté sur le côté et la musique fait office d’accompagnement sonore standard ou sert de support naïf aux chansons d’un fou. Un comédien déboule à toute vitesse sur la scène, en moto, casqué de noir, puis se livre à des activités très explicitement lubriques avec de multiples partenaires. Le ton est donné ce sera du « grand spectacle ». Plus précisément 2h30 de grand spectacle où se superposent dans un collage baroque de mauvais goût les clichés : des néons pour écrire le texte très art contemporain, des sœurs tout d’abord barbie puis furies, quelques hommes nus, des ébats entre tous les sexes toujours dans la surenchère et très explicites, un gros morceau de scotch noir figure subtilement le silence d’une Cordelia en danseuse classique non sans faire penser aux danseuses des boites à musique tournant inexorablement sur elle mêmes, et j’en passe…

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Le Roi Lear © Christophe Raynaud de Lage

Sur le mur du Palais des Papes en lettres de néon énormes : « ton silence est une machine de guerre », réplique du Roi Lear adressée à Cordélia. Et ce silence qu’est ce qu’on y aspire ! Entre la surenchère des images, des comédiens qui déclament en hurlant dans des micros qui crachotent quand ils ne s’expriment pas de manière inaudible dans des casques de moto et des effets sonores assourdissants, la pièce est parasitée par le bruit. Le trop plein de tout annihile tout relief alors que toutes les conditions sont réunies en termes de moyens et d’engagement pour aboutir à un spectacle qui ne laisse pas indifférent.

Enfin Olivier Py a choisi de retranscrire la pièce originale en vers libres afin de projeter la pièce dans l’espace temps contemporain. Un parti pris audacieux, qui se traduit par des phrases chocs, des insultes et de longs monologues qui ont perdu toute musicalité. Ceci ajouté à la diction criante, déclamante et peu naturelle des acteurs m’a fait passer complètement à côté du texte. Et j’ose croire que notre monde contemporain dans sa vie comme dans sa tragédie a plus de grandeur et de retenue. J’ai donc attendu patiemment que chaque personnage meure et disparaisse méticuleusement par le trou au centre de la scène (tragique de répétition ?) pour que le spectacle s’achève. Tous n’ont pas eu cette attitude, le public s’est agité, discutait et des spectateurs sont même partis.

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Le Roi Lear © Christophe Raynaud de Lage

A la sortie je ne pouvais cependant pas m’empêcher de me poser la question mais que s’est-il passé ? Je suis restée étourdie, abasourdie par l’ampleur de la tragédie : de la grandeur de mes attentes à l’immensité de ma déception, un joyau du théâtre qui finit à mon sens comme chacun de ses personnages : massacré.

Je serais donc ravie que vous me faisiez part de vos avis même et surtout s’ils sont plus positifs que les impressions que j’ai partagées.

Pour plus d’informations :

« Le Roi Lear » Olivier Py

Festival IN Avignon 2015

Cour d’honneur du Palais des Papes

http://www.festival-avignon.com/fr/spectacles/2015/le-roi-lear